Rempailler les cardons .

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De mon enfance me reviennent régulièrement des expressions que nous utilisions très normalement, comme si elles allaient de soi.
Parmi elles, alors que je m’occupais récemment d’étioler mes cardons, une en particulier me tournait en boucle dans la tête, comme un refrain populaire : « ça y est, tu as empaillé les cardons ». A cette époque, quand la bise d’octobre nous gelait les cuisses sous nos « culottes courtes », il nous était permis de ressortir du placard le pantalons de velours plus adaptés aux frimas de saison.
Au même moment, au jardin, arrivait le moment, au prix de multiples piqures, d’attacher les cardons et de les emballer dans de la paille que nous maintenions en place au moyen de vieux sacs de farine.récupérés chez la tante qui élevait des poules de façon « moderne », elle !!!

L’analogie entre nos jambes frigorifiées et les cardons ne nous posait pas plus de problèmes que ça.

Ben entendu, cette expression en attirait toute une famille  « dépailler les cardons » et «  »rempailler les cardons » si la bise de mai nous obligeait à remettre pour un temps nos pantalons .

Cette semaine, j’ai donc « empaillé » mes cardons à l’aide de housses de récupération, ce qui m’évitera de les étioler dans ma cave, avec toutes les complications induites.