Dernier au revoir

Par Margaux Starla @captain_starla


Le deuil de loin, l’enterrement sur facetime, et ma soeur qui lit ces mots pour moi. Qui dit au revoir, un vendredi d’octobre.

Mon Dziadzia,

Qu’il est dur de te dire au revoir sans t’avoir serré dans mes bras une dernière fois. Sans te lire ce texte de vive voix. On voudrait toujours “juste une dernière fois” : un dernier câlin, un dernier dimanche après-midi, un dernier Noël avec toi. La dernière fois qu’on s’est vus, tu m’as dit la même chose qu’à chaque au revoir, “je t’aime, je suis fier de toi mon enfant, il faut revenir à Paris maintenant”. 

Tu voulais tes enfants auprès de toi, toujours, que ce soit pour nous nourrir, passer l’après-midi à regarder des vieux films de Charlot ou pour nous raconter tes souvenirs. Mais surtout, il n’y avait que toi pour savoir à quel point on peut se sentir seul et démuni dans un pays étranger, loin des siens, loin de sa meute. 

Ta meute, tu l’as menée avec amour et tendresse. Dans la générosité et la joie qui te caractérisaient si bien. Et même si j’étais parfois bien seule dans mon brouillard Londonien, j’ai porté ta tendresse et celle de Babcia partout avec moi car on ne peut jamais être seul quand on a des grands-parents aussi aimants que vous deux.

Même aujourd’hui, alors que mon coeur saigne de ne pas pouvoir pleurer avec les miens, je ne suis pas seule car je porte l’amour et la tendresse que tu nous a transmis. Je porte tous les beaux souvenirs dans mon coeur, tout ce qui a rendu nos enfances plus belles, nos adolescences moins douloureuses. 

Je porte avec moi les vacances à la campagne, le pédalo, les gros sacs de courses Auchan remplis de bonnes choses à manger. Mais aussi ton histoire, ton rire et ton héritage culturel si précieux. Tu étais tellement fier de tous tes petits-enfants et tes petits-enfants seront toujours fiers de toi. 

Comme on le chantait à votre anniversaire de mariage : “On peut vivre sans richesse, presque sans le sou, des seigneurs et des princesses y en a plus beaucoup, mais vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas, non non non non, on ne le pourrait pas”.

Kocham cię,

Ta petite Margaux